Skylane Optics, Walcourt

Lancer une entreprise qui révolutionne internet, dans un village de Charleroi Métropole, vous pensez que c’est une blague ? Skylane Optics vous prouve que c’est possible, et l’aventure n’est pas près de s’arrêter.

Un garage comme bureau et une idée de génie

Microsoft, Google, Apple, Amazon… de nombreux garages ont vu naître de mythiques success stories à l’américaine. Mais lancer un produit révolutionnaire dans un garage à Thy-le-Château, village de l’entité de Walcourt, c’est (encore) moins commun. Pourtant, Philippe Bolle l’a fait, chez lui. Il y a 20 ans, il a décidé de concevoir des transceivers, sortes d’émetteur-récepteur sur le réseau internet, qu’il exporte aujourd’hui partout dans le monde.

Question à deux sous : en quoi ce transceiver nous concerne tous ? Pour faire simple c’est en partie grâce à ce petit objet, pas plus grand qu’une clé usb, qu’on peut regarder un film en streaming sur internet en très bonne qualité.  Le transceiver transforme le signal lumineux de la fibre optique en signal électrique et permet donc de transmettre l’internet à haut débit du serveur directement à la maison.

Un stock high tech de haute valeur dans une ferme au milieu de nulle part

Petit à petit, l’entreprise de Philippe Bolle s’est agrandie. Skylane Optics compte aujourd’hui 35 employés (dont la plupart ont entre 30 et 40 ans) et un chiffre d’affaires de 13 millions. Grand amoureux de la nature, ce chef d’entreprise a installé ses bureaux à Fraire, juste à côté de son village natal, dans une fermette au fin fond d’un cul de sac. “Certains matins, je viens jusqu’à mon bureau à cheval, 8 km à travers les bois depuis chez moi”, explique-t-il. Ce lieu bucolique est idéal pour les amateurs de campagne, un peu moins (et encore!) pour recruter du personnel compétent : “la difficulté d’accès rebute certaines personnes. Mais pas tout le monde : le responsable labo vient tous les jours depuis Gand, par exemple”.

C’est ici que l’on trouve l’un des laboratoires les plus performants d’Europe, qui garantit la qualité de l’objet. Le transceiver est testé et analysé, tant l’hardware, l’extérieur de l’objet (résistance à la chaleur avec des températures jusqu’à 70 degrés, par exemple) que le software, la programmation et le code à l’intérieur même de l’outil.

30 % des télécoms de Suède reliés par une entreprise belge

Les clés de la réussite de ce projet? Un produit de qualité dans un secteur de niche. Skylane Optics mise sur les opérateurs télécom qui ont besoin d’un transceiver de qualité. Garantir le fonctionnement de la connexion et le raccord avec l’ensemble du réseau est très important : imaginez votre agacement si la connexion ne fonctionne plus alors que vous êtes plongé dans une super série sur internet… C’est là toute l’importance d’avoir une pièce qui garantisse le fonctionnement de la connexion et le raccord avec l’ensemble du réseau.

Autre spécificité de ces opérateurs : ils investissent dans un réseau haut débit de qualité. En Suède, où la connexion réputée pour sa qualité, 30 % des opérateurs utilisent des transceivers belges.

Par ailleurs, le marché est en pleine expansion, c’est là une autre garantie du succès. Avec les objets connectés, la VR (Virtual Reality ou la réalité virtuelle), les smartphones, etc., la demande en haut débit augmente tous les jours.

Une place sur le marché, malgré la concurrence mondiale

Malgré le potentiel de ce marché de niche, il faut se méfier de la concurrence internationale bien présente. “Entre la Roll-Royce de l’émetteur développée par de grosses boîtes et la production chinoise à moindre coût, les opérateurs de télécom choisissent l’entre-deux : Skylane Optics. Ils se tournent vers nous pour le rapport qualité-prix, généralement après avoir connu plusieurs expériences peu convaincantes”, explique ce chef d’entreprise.

Et cette stratégie fonctionne. Skylane Optics s’agrandit tous les ans, principalement à l’étranger. 99 % de ses productions sont exportées en Europe, en Asie et en Amérique. Un succès qui n’est pas près de s’arrêter : Philippe Bolle vient d’acquérir un bureau à Miami. Cette antenne outre-Atlantique permettra à  l’entreprise de toucher le public américain.

 

Succès et fierté d’une start-up high tech, au coeur de Charleroi Métropole

En short et en tee-shirt, Philippe Bolle retient une chose essentielle de son parcours : “des produits made in Wallonie, avec une équipe compétente et soudée, dans un milieu en constante évolution, c’est vraiment ma fierté”.  Depuis 2 ans, Quentin Bolle, le fils de Philippe, est venu rejoindre l’entreprise. Un argument supplémentaire pour conserver l’esprit familial de la boîte.

Ici, on manipule des pièces d’une valeur de 12.000 euros le matin et à midi, on joue au ping-pong et on mange des frites dans le village d’à côté. Un boulot partagé entre les missions princières au Brésil ou en Asie, les réunions en Suède et le team building à Fraire, dans la cour de la ferme, avec lampions et musique d’ambiance, le tout entouré de famille et d’amis.

Travailler en Wallonie, dans un milieu high-tech en constante évolution, c’est très valorisant.

Source: Charleroi Metropole

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